La gestion des déchets, un défi pour l’Afrique

LE CERCLE/POINT DE VUE – L’accumulation des déchets est un problème majeur, en particulier pour les pays d’Afrique subsaharienne. Il est important de changer de paradigme et de considérer les détritus non plus des matériaux sans aucune valeur, mais comme une ressource à valoriser.

Désirer, acheter, consommer, jeter et de recommencer. Voici un processus simple que nous reproduisons tous les jours sans même nous en rendre compte. Aujourd’hui, dans le monde, en un an, plusieurs milliards de tonnes de déchets sont produites. Si la grande majorité des pays développés a fait du traitement des ordures une priorité environnementale, politique et économique, d’autres nations beaucoup plus vulnérables n’arrivent pas à tenir le rythme et croulent sous les montagnes de détritus.

Selon le magazine «Forbes» (2015), 16 des 25 villes les plus sales du monde un continent où les décharges sont pleines à craquer, où des matériaux toxiques, des équipements électroniques et chimiques se mélangent aux ordures ménagères, où autant de détritus traînent dans des infrastructures archaïques que dans la nature ou dans les rues. Parmi les pays les plus touchés par ce phénomène : le Mali, le Niger, l’Éthiopie, le Congo, le Tchad, la Tanzanie, le Burkina Faso, le Mozambique ou encore le Nigéria.

Problème sanitaire

À Bamako, capitale malienne, faute de ramassage régulier des déchets, les riverains les abandonnent en pleine rue avant de les brûler. Impuissants face à cette situation, ils sont les premiers à en subir les conséquences : entassement des détritus, fumées récurrentes, odeurs nauséabondes, de plus en plus de rats, cafards et mouches prospérant autour des décharges sauvages, contamination des ressources hydriques, des terres, de l’agriculture, du bétail et augmentation de la pollution de l’air, provoquant des maladies dangereuses pour ces populations contraintes à vivre dans des «quartiers poubelle».

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’insalubrité environnementale provoque plus de 12,6 millions de décès par an, un chiffre qui devrait exploser dans les années à venir à cause du boom démographique que subit l’Afrique.

Protestations et investissements

Face à cette réalité, décidée à se faire entendre par le reste du monde, la jeunesse africaine, la jeunesse du monde de demain, proteste, manifeste, témoigne, diffuse des informations sur les réseaux sociaux et prend la parole dans des conférences, forums et autres sommets internationaux «verts» organisés pour trouver des solutions à ces problèmes qui nous concernent tous. Et cette persévérance fonctionne.

Depuis quelques années des investissements colossaux ont permis aux Africains, entre autres, de mettre en place en un temps record de réels projets de valorisation des déchets, des systèmes performants de collecte et de tri, de construire de nouvelles infrastructures, de moderniser les anciennes, de sensibiliser la population aux bienfaits du recyclage, de créer des emplois dans le secteur de l’hygiène et de la propreté, etc.

Source: Les Echos

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